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Au musée Bonnat, prenez le temps de l'art !

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Paul Helleu - Donation Howard Johnston

Depuis 1990, le musée Bonnat détient l'un des fonds les plus importants des œuvres de Paul Helleu grâce à la générosité de Madame Howard-Johnston, fille de l'artiste. Les pointes sèches, dessins et pastels sont rassemblés et consultables (sur rendez-vous) dans le cabinet des dessins du musée, ou exposés par roulement avec les peintures, dans la salle Paul Helleu.

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Le nom de Paul-César Helleu (1859-1927) évoque les dernières décennies du XIXème siècle jusqu'aux années précédant la première guerre mondiale en Europe, et tout particulièrement la société mondaine que Marcel Proust a si admirablement décrite dans ses ouvrages.

La célébrité de cet artiste s'appuie sur la représentation virtuose et précieuse des jolies femmes du grand milieu parisien, mais aussi de la société internationale. Le goût et la délicatesse contenus dans MADELEINE CARLIER ou dans LA DUCHESSE DE MARLBOROUGH ASSOUPIE A BLENHEIM PALACE, ainsi que son talent très personnel de dessinateur ont largement contribué à l'extraordinaire succès de son œuvre.

C'est au Salon de 1874 à la vue de la toile de Manet «Chemin de fer» que Paul César Helleu, prit la décision de devenir peintre. Admis dans l'atelier du peintre jean-Léon Gérôme à l'École des Beaux-Arts de Paris, il se lie avec le peintre américain John Singer Sargent proche des impressionnistes. Son PORTRAIT DE PAUL HELLEU est conforme à la description qu'il en fait, «Paul Helleu était un grand homme mince et brun, beau comme un pirate arabe. Le creux des orbites enveloppait d'ombre un regard flamboyant. L'extraordinaire élégance du masque, la sécheresse bronzée du visage, l'arête du nez, la barbe...».

En 1885, Gérôme le fait accepter comme décorateur pour travailler à un panorama de Londres. Ce premier contact avec l'Angleterre déclenche en lui une passion nouvelle qu'il va partager avec Jacques-Émile Blanche (il fit sa connaissance grâce au peintre américain James Mac Neil Whistler) et tous deux vont faire de l'anglomanie un dogme auquel ils resteront fidèles durant toute leur carrière.
De retour à Paris, Helleu se lie avec les peintres de la nouvelle génération (Forain, Boldini, Degas, Monet, Stevens, Berthe Morisot...) et va se consacrer à la représentation des élégantes et des scènes intimes de la vie de famille.
MADAME HELLEU ET SA FILLE AU CHATEAU DU BOIS BOUDRAN est l'une des multiples scènes qu'Helleu affectionnait particulièrement comme sujet pour ses tableaux.

SIX ETUDES DE FEMMES témoigne de l'autre obsession artistique du peintre, l'expression du charme féminin. L'utilisation des trois couleurs montre le goût de Paul Helleu pour l'art raffiné du XVIIIème siècle, dont il fut un grand collectionneur, et notamment de Watteau.

Cette époque est marquée également par la réalisation des premières pointes sèches exécutées avec une pointe en diamant offerte par son ami James Tissot. Paul Helleu, très attiré par la gravure directe sur plaque de cuivre, en devient rapidement un virtuose. Ses portraits sont remarqués au Salon des Pastellistes de 1887. Il entamera alors une vaste production de pièces gravées.

Robert de Montesquiou l'introduit dans la haute société parisienne (la princesse Mathilde, LA COMTESSE ANNA DE NOAILLES, Edmond de Goncourt...) dont il va devenir le portraitiste. Marcel Proust choisit Paul Helleu comme modèle pour personnage d'Elstir dans «À la recherche du temps perdu».

Comme Elstir, Paul Helleu aime passionnément la mer. Au plaisir du yachtman qui passe le plus clair de son temps sur de superbes voiliers (il en possédera quatre), le peintre découvre de nouvelles sources d'inspiration, aussi bien dans les toilettes des femmes peu adaptées au loisir du yachting, MADAME HELLEU EN CHAPEAU, que dans ses visions enchanteresses de l'eau et du ciel voilé et bleuâtre de LA RADE DE COWES.

Mais avec la première guerre mondiale, la société décrite par Proust et peinte par Helleu disparaît peu à peu. C'est alors la fin du succès et le début de la désillusion. Une page de l'histoire des mœurs qu'il avait si subtilement exprimée se tourne et Helleu reste indifférent aux modes nouvelles et aux avant-gardes.

Le trop grand succès (d'ailleurs justifié) de ses portraits en pointe sèche était devenu si légendaire qu'aux yeux du public il résumait seul son art.
Paul Helleu est mort à Paris le 23 mars 1927, avant que ne soit partagée l'opinion du poète Mallarmé qui disait avoir découvert dans ses peintures « une couleur inconnue entre le délice et le bleu ».

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